Après sept jours de randonnée et de camping, Edith et moi étions vraiment mûrs pour une bonne douche. La laine mérinos est vraiment une invention géniale : c’est la seule raison pour laquelle nous étions encore capables de voyager ensemble dans un véhicule fermé sans risquer l’asphyxie. L’appel de la douche et les prévisions météorologiques peu reluisantes nous ont donc convaincus de passer la nuit au Wolf Creek Ranch Ski Lodge, en bordure de la route 160. En fait, nous y passerons deux nuits, avant de poursuivre la route vers l’est en prévision de mes courses, le week-end suivant.

Wolf Creek Pass, 3 290 mètres d’altitude. Au sol, on voit la ligne de partage des eaux.

Jour 1

On prévoyait un peu de tout : pluie, grésil, neige… ça ne nous a pas arrêtés pour autant. En partant sur la Continental Divide, à partir de Wolf Creek Pass, nous avions tout de même un avantage important : une vue à 360° qui permettait de voir venir le mauvais temps. Encore une fois, les photos ne donnent pas une idée véritable de la majestuosité des paysages.

D’un côté des montagnes, les nuages approchaient rapidement; de l’autre côté, des percées de soleil illuminaient les couleurs de l’automne. Nous avons fait une boucle de 11 km avec un peu plus de 400 m de dénivelé. La pluie a commencé alors qu’il nous restait environ un kilomètre à faire.

Jour 2

Frimas sur le capot de la voiture, au petit matin

Au lever, le lendemain matin, tout était gelé. Le frimas avait laissé une œuvre d’art sur le capot de ma voiture. Même si nous partions vers l’est, nous avons décidé de revenir sur nos pas pour aller faire une autre randonnée sur la Continental Divide, vers Alberta Peak, du côté opposé à celle de la veille.

À cet endroit, le sentier suit la crête de la montagne, tout juste à côté d’un centre de ski. La vue est encore plus magnifique que la veille. Le ciel est dégagé, mais on voit des nuages s’accrocher à des sommets avoisinants. La montée vers Alberta Peak est technique : un amas de roche, qu’Ellie n’a aucune difficulté à grimper. La tâche est moins facile pour Edith, qui a le vertige, mais le point de vue est imprenable.

Alberta Peak, 3 600 m d’altitude

Lors de la montée, j’avais vu que la CDT contournait le sommet, alors je suis allé explorer l’autre versant de la montagne pour voir si nous pouvions reprendre le sentier de ce côté. C’est ce que nous avons décidé de faire, mais à un moment donné, j’ai commencé à avoir des doutes : je ne trouvais pas le sentier. Après quelques minutes, j’ai toutefois fini par le repérer. Encore une fois, ce fut une épreuve pour Edith, car à cet endroit, la CDT est à flanc de montagne, et la pente est assez abrupte vers la vallée très profonde sur notre gauche. Après une dizaine de kilomètres et 450 m de dénivelé positif, nous étions de retour à la voiture, en route vers une destination encore inconnue.

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