En mai, Edith et moi participions au demi-marathon de la fête des mères à North Hatley. C'est le premier demi que j'ai fait en 2013 alors il a une place spéciale dans mon coeur. C'est aussi à une superbe période de l'année où les températures sont généralement agréables et les pommiers sont en fleurs. Évidemment, il y a beaucoup de côtes... nous sommes en Estrie après tout. On apprend vite à aimer les côtes dans notre région car il n'y a que ça.

Nous nous sommes entraînés tout l'hiver et je me sentais prêt. J'ai passé la soirée, la veille, à prendre des photos pour un spectacle de l'école de danse de mes enfants. J'étais fatigué, j'avais mal dormi et je suis parti avec une attitude négative. Edith a dû supporter mon humeur tout au long du parcours. Désolé chérie. C'est fou comme la négativité affecte la performance. Après 7km, je commençais déjà à trouver ça dur. Habituellement, c'est à cette distance que je commence à être bien échauffé. Pour faire une histoire courte, ce fut une course très éprouvante pour moi alors qu'Edith était dans une forme superbe et me poussait (ou me tirait) mentalement. Ce fut mon deuxième pire temps sur cette distance et j'avoue que j'étais déçu même si je ne cours pas après un bon temps. J'étais déçu car je savais que je pouvais faire mieux. J'ai blâmé la fatigue, la mauvaise nuit et le temps chaud (26°C à 8h30 le matin). Mais seule mon attitude était à blâmer.

Ça aurait pu me décourager et j'aurais pu continuer à chialer... mais curieusement, ça m'a motivé. Deux jours après la course, j'ai convaincu Edith de faire un marathon pour notre anniversaire de mariage en septembre. Convaincu est un grand mot, elle n'a même pas hésité. Je crois qu'elle partage ma folie et mon côté masochiste. Elle partage ma passion pour la course. Notre premier marathon. Le plus drôle, c'est que ça ne me stresse même pas. Ça m'excite. Par contre, je veux m'assurer d'être prêt. J'ai regardé plusieurs programmes d'entraînement mais j'ai finalement décidé d'en bâtir un personnalisé en fonction de nos activités prévues durant l'été. Ce n'est pas complètement inconnu pour moi. J'ai mon niveau 3 du programme national de certification des entraîneurs en volleyball et j'ai suivi le cours de planification de l'entraînement du bac en kinésiologie de l'université de Sherbrooke (il y a bien longtemps déjà). Je sais que mon programme n'est pas parfait mais il n'est pas si mal. J'irai possiblement voir un entraîneur de course à pied dans la prochaine année car il y a certaines choses que j'aimerais corriger mais pour l'instant, mon programme nous convient à Edith et moi.

Selon moi, un programme ne doit pas être statique. C'est quelque-chose qui doit être vivant et évoluer dans le temps. Comme je dis souvent à Edith, je ne suis pas mon programme à la lettre mais j'en suis l'esprit. Ma semaine d'entraînement prévoit 5 jours de course, 1 journée de repos obligatoire et 1 journée libre. J'ai une longue course le dimanche et le lundi est ma journée de congé. Le mercredi est ma seconde longue course mais sur une plus petite distance. Les mardi et jeudi sont pour le travail par intervalles ou les tempo run si j'ai bien récupéré de ma longue course. Le vendredi est libre et je fais une mini-course (20-30 minutes) le samedi pour me préparer à ma longue course du dimanche. La course du dimanche est longue (et de plus en plus longue) une semaine sur deux. L'autre semaine, j'essaie généralement de faire une course en sentier. Le vendredi, si mon corps me donne la permission, j'aime aussi faire une course en sentier. J'adore jouer dans les montagnes. En plus, je trouve que c'est un excellent exercice de renforcement, de proprioception et d’affûtage des réflexes.

Tout ça reste théorique car avec trois enfants, on s'adapte. Hier, j'ai fait ma longue course de 30 km qui était prévue pour demain et pendant que j'écris ça, Edith est en train de faire la même chose. On a fait notre longue course plus tôt cette semaine car nos deux plus vieux font le défi Félix Deslauriers-Hallé ce soir. On ne voulait pas les laisser courir seuls alors je ferai le 5km avec Sarah et Edith fera le 3,5km avec Raphaël.

Depuis le demi-marathon de la fête des mères, nous avons augmenté beaucoup notre volume d'entraînement. Ça s'est fait graduellement pour éviter les blessures. Depuis une semaine, je constate les résultats. Tout est plus facile. Hier, par exemple, ma course de 30km s'est très bien déroulée. Dans les longues courses, on y va toujours mollo évidemment. Le but est d'augmenter l'endurance aérobique, habituer notre corps à brûler des graisses au lieu du sucre et habituer nos muscles à travailler sur de grandes distances et pendant de longues heures. Même en courant mollo, en arrêtant faire pipi et prendre une photo à North Hatley, j'ai battu mon temps du demi de la fête des mères de 8 minutes. J'ai commencé à ressentir de la fatigue musculaire dans les jambes après 23km. Les 30km m'ont seulement pris 6 minutes de plus que le 27km d'il y a deux semaines. On dirait que tout se met en place doucement. Il reste un mois avant le demi-marathon de Coaticook et je suis confiant de pouvoir battre mon meilleur temps sur cette distance.

Je reviens encore sur l'attitude. Hier, j'était content d'aller courir. J'étais fébrile car c'était la première fois que je courais 30km. J'ai pensé à plein de choses en courant et le temps a filé tellement rapidement. J'étais heureux, tout simplement. Vers la fin, quand je sentais la fatigue, je me rappelais que j'étais là parce que je l'avais choisi et je souriais. C'est fou mais juste avec un sourire, on dirait que tout redevient facile: le corps se redresse, la cadence se stabilise et la foulée devient plus légère. Sans m'en rendre compte, tout le travail physique des derniers mois a été un entraînement mental en même temps. J'ai déjà hâte de retourner courir.

Edith après son premier 30km à l'entraînement.

Edith après son premier 30km à l'entraînement.

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