Eric

J'aimerais vous dire que janvier fut un super mois d'entraînement mais malheureusement, ce fut tout le contraire. Le premier janvier, j'ai aggravé ma blessure au mollet qui se portait de mieux en mieux. Je m'étais blessé après le Bromont Ultra en recommençant beaucoup trop rapidement et dans des sections beaucoup trop exigeantes. Bref, je n'ai pas écouté mon corps quand il avait besoin de repos. Comment j'ai aggravé ma blessure le premier jour de l'année? En étant épais de la même façon... ne pas écouter mon corps qui avait besoin de repos.

Le 31 décembre, j'avais couru mon 10km du Mont Chauve dans la neige et tout s'était bien passé. Le 1er, j'avais prévu un petit 5km. Tout allait bien et il faisait tellement beau que je suis parti pour un 10km. À 5,5km, j'entends et ressent un bon "clac" dans le mollet et la douleur apparaît tout de suite. Incapable de courir, difficulté à marcher. J'ai dû appeler Edith pour qu'elle vienne me chercher.

 Ma dernière sortie en montagne, le 9 janvier, avec mes Altra Lone Peak 2.5

Ma dernière sortie en montagne, le 9 janvier, avec mes Altra Lone Peak 2.5

Je prends alors la grande décision de m'accorder un peu de repos... une journée. Ben oui, le 3 janvier, l'épais retourne courir. J'y retourne le 4 et le 5. Le 6, je décide même de me payer une trail. J'essaie le 8 mais ça ne va pas du tout. Le 9, je me dis qu'au lieu d'aller courir, j'irai faire du power hike dans une piste très à pic. Pourtant, je connais très bien la biomécanique et je sais très bien que c'est une mauvaise idée... C'est là que je me rends compte que je suis dans le déni. Je suis blessé mais je ne l'accepte pas. J'ai trop de beaux projets cette année pour être blessé. Je vois Edith enfilé les kilomètres et je veux faire comme elle.

Heureusement, j'ai finalement décidé de m'attaquer au problème. J'ai commencé des traitements de physio avec Edith et à faire de l'elliptique (qui ne me cause aucune douleur). Dès le premier traitement, ma douleur au repos disparaît. Après quelques jours, je décide de tenter quelques pas de course mais ça ne fonctionne pas du tout. L'avant-dernière semaine de janvier, j'ai vraiment atteint le fond du baril. Je n'étais plus vivable à la maison et mon moral était vraiment au plus bas. Au moins, j'ai fait une vingtaine de km sur l'elliptique.

Ça faisait un bout de temps qu'Edith me disait d'aller marcher au lieu de courir mais je ne suis pas un fan de la marche. Ça n'avance pas assez vite pour moi. Lundi, quand je me suis levé, j'avais des raideurs mais pas de douleur vive comme les trois dernières semaines. Les traitements d'Edith avaient donné un gros coup de main. J'ai écouté Edith et j'ai décidé d'aller marcher. Il faut dire que j'ai été inspiré par Andy Jones-Wilkins qui vient de débuter l'entraînement pour Hardrock alors qu'il vient de se faire opéré à la hanche. Il fait beaucoup de marche pour s'entraîner car il n'a pas encore le droit de courir. Si ça marche pour lui, pourquoi je ne ferais pas la même chose?

Ce que j'ai retenu du Bromont Ultra, c'est qu'il fallait que j'améliore beaucoup ma vitesse et mon efficacité à la marche lors des montées. Alors au lieu de voir ça comme une marche de quelqu'un blessé qui ne peut pas courir, je l'ai vu comme un entraînement de power walking. Je suis allé marcher d'un pas très rapide. J'ai fait 5km en 42 minutes. Ça donne une allure d'environ 8:25/km. En revenant, j'étais surpris de la vitesse et fier de mon entraînement. J'étais surtout content parce que je n'avais pas de douleur.

Mardi, je suis retourné marché mais j'ai ajouté 4 petits intervalles de course de 30 à 60 secondes environ. Pas de douleur pendant, ni après. En revenant à la maison, j'ai décidé de faire le programme de retour après blessure de la Clinique du Coureur tout en gardant un pas le plus rapide possible à la marche. À la maison, j'ai poursuivi mon programme de renforcement excentrique des mollets, mon renforcement général et un peu d'elliptique en cross-training. J'ai bien utilisé le rouleau, eu des traitements d'ultrasons et bien massé mon mollet le soir. J'ai aussi porté des bas de compression à chacune de mes sorties. Plus la semaine passait, mieux se portait le mollet. Non seulement je n'ai pas eu de douleur dans mes marches/courses mais il y a beaucoup moins de tensions musculaires.

J'ai enfin retrouvé un optimisme prudent. J'ai l'espoir d'en venir à bout. Le mois de janvier a très mal commencé mais il se termine sur une note positive. Une dernière semaine de 29km sans douleur. Le défi est de continuer à progresser lentement et graduellement. Je sais que je dois être prudent pendant encore au moins 6 à 8 semaines et éviter de trop m'énerver avant 12 semaines. En gros, ça veut dire pas de montagne avant le mois de mars et pas de back-to-back avant avril. Je suis en paix avec ça. Fini le déni, je sais ce que ça prend pour guérir cette foutue blessure et je ferai tout ce qu'il y a à faire.

Distance parcourue (km)

Je fini donc le mois de janvier 2016 avec 78km de course et 32km d'elliptique. C'est fou comme les perceptions changent avec le temps. J'ai l'impression de n'avoir presque pas couru alors que janvier 2015 avait été un bon mois de course avec 79km. Présentement, je trouve qu'un mois en bas de 200km est un petit mois alors que l'an dernier, j'étais bien fier de mon 79km. Peut-être que je n'atteindrai pas certains objectifs fixés pour 2016 mais à l'âge que j'ai, je suis assez raisonnable pour revoir ces objectifs en fonction des blessures ou des imprévus. Ce n'est pas comme si je manquais de motivation, au contraire. C'est juste mon corps qui ne suit pas ma tête. Alors je vais ramener ma tête au niveau de mon corps... ou faire quelques compromis. Je suis très optimiste pour le mois de février qui commence. Lentement mais sûrement! :)


Edith 

Disciplinée? Docile? Ça veut dire la même chose au fond. Même si ça peut sonner négatif d'être docile, je crois que ça me sert dans mon entraînement. Éric a énormément lu et m'a fait un programme qui peut difficilement être plus personnalisé sur 24 semaines menant à notre course du Mont Albert. J'adore que tout soit détaillé et que je n'ai qu'à sortir courir. Parfois en sentier ou sur route, avec ou sans vitesse. J'ai la chance de finir tôt le travail et être en congé le vendredi et faire ma longue course quand les enfants partent pour l'école. 

Il paraît que janvier 2016 est mon plus gros mois de course à vie. J'ai juste hâte de poursuivre. Je me suis rendue compte que je suis assez masochiste pour aimer les "back-to-back" et que j'adore courir dans les pistes de raquettes et fat bike du mont Bellevue. 

C'est difficile de dire que tout va bien quand son mari est blessé et qu'il ne peut pas autant courir. Je sais qu'il trouve ça difficile. Je n'étais pas blessée cet été et j'enviais ses sorties en montagne... Le côté positif est que lorsque ça va moins bien, je ne me plains pas car il prendrait ma place n'importe quand. Je sais aussi que lorsqu'il sera capable de revenir en sentier avec moi, j'aurai encore de la difficulté à le suivre...

J'espère que j'aurai autant de plaisir sinon plus en février. Les journées allongent et les entrainements seront plus difficiles avec de nouveaux défis. Je dois apprendre à être souple dans mon plan. Même si je sais que certains entraînements peuvent être sautés ou raccourcis, si c'est écrit dans le plan je dois le faire.  Donc mon coach doit écrire: 6km de course ou marche ou moins ou rien... Docile vous dites?

Et vous votre défi en février?

 Notre piste de course habituelle

Notre piste de course habituelle



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