Edith et moi courons toujours. Comme c’est le cas depuis plusieurs années, elle est beaucoup plus en forme que moi en ce moment. Toutefois, c’est mon meilleur début de saison depuis 2021. Je suis constant et j’augmente graduellement mon volume, même si celui-ci est faible comparativement à 2018, l’année de mon 100 miles. Edith prendra le départ du 100 km au Vermont 100, en juillet. De mon côté, j’attends une réponse pour un genre de course dans lequel je suis nul : tourner en rond à la chaleur. Ce sera un gros défi.

Le gros projet de 2026 sera l’aménagement de notre van. J’en avais glissé un mot dans les articles sur notre voyage au Colorado, en septembre dernier. C’était un projet que nous caressions depuis une dizaine d’années, après avoir suivi les aventures des Pas trop perdus. Nous nous disions que ce serait un beau projet pour les 50 ans d’Edith et mes 60 ans, mais finalement, nous avons acheté un Ford Transit en novembre. Pourquoi maintenant? L’aspect éphémère de la vie, entre autres. La maladie d’Alzheimer nous a volé ma mère et le père d’Edith en l’espace de quelques mois en 2024. Je suis aussi à l’âge où les avis de décès sont plus fréquents que les avis de mariage concernant les amis du secondaire. C’est facile de toujours remettre ce genre de projet à plus tard. C’est un gros investissement, et il y a tellement d’inconnues. À un moment donné, il faut se dire : « Achète l’osti de van ». C’est ce que nous avons fait au début du moins de novembre.

Le véhicule

Il y a trois choix dans ce format de véhicules au Canada : Mercedes Sprinter, Ram Promaster et Ford Transit. La Mercedes est plus cher, mais c’est surtout l’entretien à long terme qui me faisait peur. Bien que le moteur diesel ne soit pas tuable, les pièces et les réparations sont coûteuses, et il y a beaucoup moins de points de service en Amérique du Nord. Mon garagiste, qui entretient la flotte de véhicules d’une entreprise de livraison, m’a déconseillé fortement le Promaster, qui a beaucoup plus de problèmes mécaniques que le Transit. Aussi, il n’est disponible qu’en traction.

Pour ces raisons, notre choix s’est arrêté sur le Ford Transit 250 AWD avec un toit de hauteur moyenne – l’avantage d’être petit. Je ne voulais pas la version allongée (22 pieds), car au fil des ans, j’ai parcouru plusieurs routes où la longueur maximale permise était de 21 pieds. Il y a également le risque que la partie arrière accroche lorsqu’il y a un changement rapide de pente. Je voulais aussi conserver une certaine manœuvrabilité. Enfin, gardez à l’esprit que même si nous passons d’un petit VUS avec une tente à un véhicule beaucoup plus grand, nos besoins restent petits. J’ai eu l’occasion de l’essayer le lendemain de la date de prise en possession, lorsque je me suis rendu à Campbellton pour le travail. J’ai adoré la conduite, mais je me suis aussi rendu compte qu’une des première étapes serait l’installation d’une fenêtre dans la porte coulissante, pour éliminer l’angle mort en sortant d’une cour.

Nos objectifs

Quatre objectifs principaux ont guidé notre décision :

  • pouvoir arrêter n’importe où en chemin, sans avoir à monter une tente ou à prendre une chambre d’hôtel;

  • avoir une toilette;

  • se protéger de la pluie;

  • bien dormir.

Nos dormons bien en tente, mais ce n’est pas toujours simple de se lever la nuit pour aller faire pipi, surtout s’il pleut. C’est aussi vraiment chiant de démonter une tente mouillée et de la ranger dans cet état; c’est encore pire de la défaire sous la pluie. Ce sera également plus agréable d’avoir un endroit au sec pour manger lors des gros orages. Pour ce qui est de dormir en route vers une destination, j’ai parlé dans mon dernier article de ma phobie des punaises de lit et donc des chambres d’hôtel.

Nous n’avons pas – du moins à court terme – l’objectif de vivre à temps plein dans notre van. Ce sera un véhicule de vacances et de fin de semaine, de même qu’une station de ravitaillement mobile en course ou à l’entraînement ;-). Celà dit, j’y aménagerai probablement un bureau pour pouvoir y travailler. Pour l’instant, nous ne prévoyons pas non plus l’utiliser l’hiver. Je l’isolerai tout de même adéquatement, mais je n’installerai pas de système de chauffage dès le départ.

Notre minimum

Edith a beaucoup aimé son premier tour de van

Ellie a beaucoup aimé son premier tour de van :)

Contrairement à certaines personnes, nous ne voulons pas recréer notre maison dans notre van. Nos visées sont plutôt minimalistes. Peu importe nos choix, le résultat sera un upgrade comparativement à notre tente. Je veux aussi aménager la van de façon modulaire pour faciliter les mises à jour éventuelles. Voici donc les éléments de base qui sont importants pour nous :

  • un bon lit (probablement fixe);

  • une toilette;

  • un frigo;

  • une bonne circulation d’air (ventilateur + fenêtre);

  • une alimentation électrique de base (frigo, ventilateur, etc.);

  • un système de base pour l’eau;

  • de la place pour cuisiner, s’asseoir et manger.

Dans cette liste, les deux points où l’on voit les plus grandes différences dans une van sont l’électricité et la plomberie. Le principe KISS (Keep It Simple, Stupid) guidera nos choix dans cette catégorie. Vous remarquerez que cette liste ne contient pas de climatiseur ni de douche.

L’électricité

Dès le départ, il faut déterminer ses besoins en courant continu et en courant alternatif. Le courant continu alimentera le ventilateur, le frigo, l’éclairage et les prises USB pour recharger téléphones, tablettes, appareils photo et autres appareils rechargeables. J’installerai peut-être une prise spéciale pour brancher mon miniPC, mais ça reste à voir. Le courant alternatif alimentera la bouilloire, la plaque à induction utilisée à l’occasion et d’autres appareils au besoin. Nous comptons toutefois continuer de cuisiner à l’extérieur, avec notre équipement de camping actuel.

Il y a principalement deux façons d’approcher l’alimentation électrique : un système sur mesure ou une station tout-en-un. Je n’entrerai pas dans les détails de toutes les composantes nécessaires. Nous avons décidé de commencer avec une station tout en un – Ecoflow Delta 3 Max Plus – pour la simplicité et le côté pratique (rentrer la batterie l’hiver, la recharger à l’intérieur, l’utiliser en cas de panne à la maison, etc.). À terme, j’irai peut-être avec un système hybride, mais c’est l’expérience qui dictera la suite.

Évidemment, on ne peut pas parler d’électricité sans parler de recharge. Il y a trois options : panneaux solaires, chargeur branché sur l’alternateur, prise de courant. Je n’installerai pas de prise de courant externe (shore power), mais j’aurai une rallonge au cas où. De toute façon, la station est facile à déplacer, alors je peux la rentrer quelque part pour la recharger. Le chargeur est une option intéressante, car nous sommes rarement stationnaires. Même si nous restons au même endroit quatre jours, nous utilisons le véhicule pour nous rendre aux points de départ de sentiers, ce qui permettra de recharger la batterie. J’ai aussi des panneaux solaires portatifs (qui venaient avec la station) que nous pourrons utiliser au besoin.

Les panneaux solaires sur le toit? Il y a des avantages et des inconvénients. Le prix des panneaux a vraiment baissé au cours des dernières années, mais les coûts d’installation peuvent être très élevés. On les installe généralement sur un rack de toit, qui coûte facilement 3000 $. L’été, pour éviter la chaleur, on tente généralement de s’installer à l’ombre, alors les panneaux solaires fixes deviennent inutiles. Nous n’installerons donc pas, initialement, de panneaux solaires. À l’usage, nous verrons si le besoin s’en fait sentir. Comme je le disais plus haut, j’aménagerai ma van de façon à ce qu’il soit facile de la modifier plus tard. Je ne jouerai pas à l’autruche en me disant que l’aménagement de ma van sera final. Disons plutôt que ce sera la version 1.0.

La climatisation? Nous nous en passons en tente, nous nous en passerons en van. Les climatiseurs sont très énergivores et demandent donc un gros système électrique pour fonctionner.

La plomberie

Cet aspect peut être incroyablement complexe et risqué. Les déplacements, parfois sur des chemins de terre chaotiques, provoquent des vibrations constantes sur différents éléments qui peuvent causer des fuites, avec toutes les conséquences désastreuses qu’elles peuvent entraîner. On ne peut pas non plus négliger le poids de l’eau. Les véhicules ont un poids maximum légal et sécuritaire qu’il ne faut pas dépasser. Un chauffe-eau peut demander un système électrique puissant, l’installation sécuritaire d’une bonbonne de propane ou encore des tuyaux complexes pour chauffer à partir du liquide refroidisseur du moteur. Les options ne manquent pas, mais elles sont toutes complexes. Une douche? Essentielle pour certains, elle nécessite cependant de condamner une partie de la superficie habitable minime pour une fonction utilisée 5 à 10 minutes par jour. Nous n’installerons pas de douche permanente à l’intérieur de la van. Nous pouvons passer plusieurs jours sans douche, même en faisant beaucoup de randonnée. Une petite saucette dans un lac ou un lavage rapide avec une débarbouillette fait souvent l’affaire. Je prévois toutefois avoir une douche portative : un bidon noir avec une pompe USB et un tuyau avec pomme de douche, installable sur la porte arrière, par exemple. L’eau peut chauffer dans le bidon toute la journée pour nous offrir une douche confortable au retour de la rando. Au pire, ce sera une douche froide. Il y a aussi des options comme les campings, les gyms et certaines aires de repos le long des routes.

Notre système d’alimentation en eau sera très simple : un bidon d’eau potable, un bidon vide pour les eaux usées, un robinet-pompe USB et un évier. Je compte conserver deux bidons d’eau potable supplémentaires sous le lit, et il y aura toujours une bouteille d’eau froide dans le frigo. Nous avons aussi toujours un système de filtration pour la randonnée. Ce système est très simple à nettoyer et à désinfecter, et il élimine tous les problèmes liés à l’hivernisation de la van. Je peux vider le bidon d’eau grise dans une station de vidange, mais aussi dans une toilette ou un évier. Notre expérience des dix dernières années sur la route et en camping nous a déjà enseigné à économiser l’eau, alors nos besoins ne sont pas énormes.

État d’avancement des travaux

Pour l’instant, seule l’installation du ventilateur de toit et de la fenêtre dans la porte coulissante a été réalisée. Comme je ne me voyais pas faire des trous dans une van neuve, j’ai confié la tâche aux professionnels d’Ekuip, qui ont fait un travail exceptionnel. C’est quand même une grosse partie du budget, mais c’était une dépense essentielle. Parlant de budget, je m’attends à mettre entre 12 000 $ et 15 000 $ pour la version 1.0 de notre van, qui s’appelle Myllie (à vous de trouver d’où vient le nom). On verra si mon estimation est adéquate ou complètement à côté de la track. L’aménagement se fera probablement sur une période de deux ans, mais j’ai hâte que la température se réchauffe pour me permettre de commencer l’isolation (il doit faire au moins 15 °C pour la colle). Souhaitons que le printemps arrive tôt cette année :).

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